dimanche 25 février 2024
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Pr Djenouhat: «Voici les possibilités quant à l’évolution de la Covid-19…»

1/  A  la lumières des dernières statistiques liées à l’évolution de  la pandémie du coronavirus, la tendance baissière s’est installée, semble-t-il,  dans la durée, pas uniquement en Algérie mais de par le monde, peut-on aujourd’hui conclure  que cette décrue est-elle un prélude à la fin de l’épidémie ?

Pr Kamel Djenouhat : C’est une éventualité très probable. Selon mon humble avis, personnel et basé sur quelques données scientifiques, nous aurions deux possibilités quant à l’évolution de la pandémie Covid-19, soit elle devient une maladie endémique ou bien on assistera à un début de la fin de la pandémie. Bien que d’autres experts algériens ou étrangers prévoient l’arrivée d’une quatrième vague. Ils  ont certainement leurs arguments, comme cela a été prédit par les experts de l’Institut Pasteur de Paris que  le début de la quatrième vague interviendra au début de mois de septembre et cela n’a pas été le cas comme on est en train de  le constater.

2/ Autrement dit,  il n’y aura pas  donc de quatrième vague tant redoutée ?

Pr Kamel Djenouhat :  Avant de répondre à votre question, faisant ensemble un petit historique des vagues de la Covid-19 et cela nous ramène certainement à parler de la paire inséparable variants SARS CoV2- Vagues Covid-19. La première vague dans le monde a  commencé par l’Italie où on a constaté que le virus avait déjà muté vers le variant D614G  caractérisé  par une vitesse de transmission supérieure à celle de la souche originale de Wuhan. Tout le monde a confiné, et juste après le déconfinement, c’est le même variant qui circulait  toujours trouvant en face de lui une majorité de la population non immunisée, c’est-à-dire n’ayant pas contracté le virus et non vaccinée puisque le vaccin n’était pas encore disponible. Ce qui a été  à l’origine de la deuxième vague. Après le reconfinement- déconfinement, on a eu affaire au variant Alpha (anglais ou de Kent) beaucoup plus transmissible provoquant ainsi la troisième vague. L’Algérie a fermé ses frontières et a relativement échappé à cette vague. Même scénario valable ailleurs, confinement- déconfinement, ainsi que l’apparition du plus inattendu variant par rapport à sa vitesse de transmission. Une  personne qui contamine neuf autre c’est le fameux variant Delta à l’origine des catastrophes de la quatrième vague observée  dans le monde et correspondant à notre troisième vague. Pour revenir à votre question, c’est toujours le variant Delta qui est là et qui a comme cible principale la population non immunisée, par l’infection naturelle ou par le vaccin, et je pense que même en absence encore de résultats scientifiques préliminaires, qu’on est à au moins 60% de la population immunisée puisqu’on était à 50% en fin de mois de mars. Tout cela, et ça reste, un  avis personnel,  basé sur les arguments scientifiques déjà cités, diminue le risque de la survenue d’une vague violente en Algérie.

 

3/ Les  baisses enregistrées depuis pratiquement deux mois  s’expliquent-ils uniquement par l’vaccination ou par d’autres paradigmes liés aux cycles d’évolution d’une épidémie ?  

Pr Kamel Djenouhat : Cette baisse est directement proportionnelle au pourcentage de la population immunisée. La vaccination représente un facteur préventif primordial de la survenue de formes graves de la Covid-19 ajoutant à cela, le nombre de personnes contaminées par l’infection. J’aimerai bien insister sur un élément clé, les personnes ayant déjà fait l’infection et vaccinées ont une immunité plus intense et plus durable que ceux ayant fait l’infection seule. C’est pour cela, que je réitère mon appel aux citoyens algériens qui ont fait l’infection d’aller se faire vacciner  et ceux n’ayant pas encore contracté l’infection de se faire aussi vacciner et le plutôt possible, parce que le virus est toujours là et ils représentent sa cible principale.

4/ l’apparition des premiers cas de grippe saisonnière ne risque-t-elle pas de simuler la pandémie, puis que l’année dernière et à la même période l’agent pathogène de la  grippe ne s’est pas manifesté notamment où l’épidémie de la covid-19 pulvérisait des records de contamination ?

Pr Kamel Djenouhat :  La grippe touche l’hémisphère nord de novembre à avril et l’hémisphère Sud d’avril à septembre et généralement le virus qui arrive chez nous c’est le même que celui qui touche l’Asie et l’Australie en mois de mars. La propagation de ce virus se fait par les voyageurs, et comme l’année dernière les transports aériens et maritimes étaient à l’arrêt et en plus les gens respectaient les mesures barrières de la covid- 19 qui protègent aussi contre la grippe, on n’a presque pas vu de grippe. Cette année et avec l’ouverture mondiale de l’espace aérien, on est en train de voir des cas de grippe mais il faut toujours être méfiant et faire un test antigénique ou PCR Covid-19 pour écarter une infection Covid-19 car ces deux infections partagent presque les mêmes signes cliniques.

5/  A la faveur du début de production de vaccin en Algérie et la disponibilité de Flacons acquis déjà, peut-on dire aujourd’hui qu’on ne revivra pas la crise d’oxygène de l’été dernier, si une quatrième vague venait  à surgir ?

Pr Kamel Djenouhat : C’est un grand pas qu’a franchi l’Algérie pour la production locale du vaccin Sinovac, qui est un des meilleurs vaccins qui prévient les formes graves de la maladie et les décès par le SARS-CoV2. Cette production va nous permettre de ne plus revivre les problèmes d’approvisionnement ou d’acquisition qu’on a vécue pendant le premier semestre 2021. Je pense, et cela reste à mon avis, qu’on n’aura plus de problèmes d’oxygène même s’il y aura rebond de l’infection. Mais garder à l’esprit deux éléments importants, le virus est toujours là et chaque jour on continue à compter les décès et il vaut mieux prévenir que guérir  et les moyens de prévention le plus efficace reste le vaccin.

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