samedi 24 février 2024
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Pr HADJOUDJ :« Les vaccins sont à 100 % efficaces contre les formes graves »

 

Le   Pr  ouahiba Hadjoudj,  directrice  générale de  la pharmacie et des équipements de santé   au  ministère  de  la  Santé,  revient , dans cet entretien accordé à Santenews.dz, sur  les dernières mesures liées à l’accélération de  la vaccination, en annonçant l’arrivée des quantités importantes  de nouveaux lots de vaccins

 

Quelles sont les quantités de doses de vaccins anti-covid 19   réceptionnées  jusque-là par le ministère de la Santé?

Pr Ouahiba  HADJOUDJ : Il faut dire que jusqu’au’ 26 août, les quantités de vaccins anti-covid-19 que nous avons réceptionnées sont de l’ordre de plus de 15 millions de doses. Nous  avons évalué aussi les quantités à venir d’ici un mois, soit le 30 septembre prochain. Elles vont être de l’ordre de 25 millions de doses. Rien  que pour ce mois d’août,  il y a plus de 10 millions de doses dont la réception est attendue. Je voudrais à cette occasion rassurer les gens concernés par  la deuxième dose du vaccin AstraZeneca. L’arrivée des doses de rappel d’AstraZeneca est imminente.

 

A ce rythme peut-on atteindre l’immunité collective dans les délais impartis, en parvenant à vacciner 70% de la population adulte ?  

Pr Ouahiba  HADJOUDJ : Notre stratégie s’assigne l’objectif de vacciner 70 % de la population éligible à l’opération, c’est-à-dire les personnes âgées entre 18 ans et plus. Et le taux de 70% de la population représente 20 millions de citoyens. Ce qui nous permettrait déjà, si on arrive à vacciner 20 millions d’algériens, d’atteindra une immunité collective estimée à 70%, sachant que l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) recommande un taux  minimum de vaccination de l’ordre de 50% de la population éligible. Ce qui n’empêche pas aussi après avoir terminé et atteint le taux de 70%, d’aller carrément jusqu’à 80% de la population. Et pourquoi pas d’aller vacciner d’autres tranches d’âges. On n’a pas encore statué sur cette question, mais l’objectif fixé maintenant est d’immuniser les 70% de la population éligible, soit 20 millions de citoyens algériens. Ce qui nécessiterait, pour un vaccin à régime à deux doses, 40 millions d’unités. Il faut savoir aussi que d’ici la fin du mois de septembre, on va avoir un peu plus de 26 millions de doses. C’est dire que nous avons pris toutes nos dispositions pour avoir les quantités nécessaires avant la fin de l’année en cours.

Qu’en est-il des dernières mesures prises par le ministère dans le cadre de l’accélération de la vaccination, en associant notamment  les pharmaciens et les médecins libéraux à l’opération ?

Pr Ouahiba HADJOUDJ : Il y a lieu de rappeler que jusqu’à présent, uniquement les services et les centres de vaccination relevant du secteur public de la santé qui y ont été mobilisés. Depuis plus d’un mois, les médecins de la protection civile nous ont prêté main forte. D’ailleurs, ils continuent à assurer  maintenant aussi de la vaccination itinérante au niveau des quartiers ou des endroits  un peu reculés. Et puis aujourd’hui, c’est les pharmaciens d’officine qui leur emboitent le pas aussi. Les pharmaciens ont fortement exprimé leur total adhésion à cette initiative, d’apporter leurs soutiens et leurs efforts pour  accélérer la campagne de vaccination. Pour parvenir absolument l’accélérer, il faut que tous les acteurs de la santé participent à cet effort national, pour pouvoir vacciner le maximum de la population éligible et ce, entre les mois de septembre, octobre et novembre pour parer à une éventuelle quatrième vague. Le vaccin reste une arme qu’il faudra qu’on l’utilise contre cette maladie dont on ne connait pas ni les formes ni les conséquences. Il s’agit aujourd’hui de s’immuniser au maximum avant éventuellement la survenue d’une éventuelle nouvelle  vague pandémique. Comme on est en train de voir de par le monde que  le nombre de contaminations est en train d’augmenter,  mais le nombre des hospitalisations et celui des décès reste stable. C’est ça le but de la vaccination. On  peut contracter la maladie,  mais on ne va pas être  hospitalisé ou admis en réanimation. L’objectif de la vaccination au final est d’empêcher les formes graves, d’autant que  tous les vaccins sont à 100 % efficaces contre les formes graves. On peut développer des formes symptomatiques, sans pour autant  aller vers une issue fatale.

Qu’en  est-il concrètement de l’adhésion des autres professionnels de la santé  du secteur privé,  à l’effort national de vaccination ?

 

Pr Ouahiba  HADJOUDJ : En fait, on était dans la réflexion de faire adhérer à cette opération tous les professionnels de la santé libéraux, soit les cliniques privés, les cabinets médicaux généralistes ou spécialistes privées ainsi que les pharmaciens d’officine privés. Je rappelle au passage que la loi autorise les docteurs en pharmacie de pratiquer des actes de santé au sein de leur officine. On a établi à cet effet le cadre juridique qui est très important pour leur permettre de mener  le geste vaccinal en toute sécurité et en toute confiance. M. le ministre de la Santé a, d’ailleurs, procédé à l’élaboration d’un texte réglementaire, l’arrêté no 43, qui permet d’élargir la vaccination aux pharmacies privés ainsi qu’aux médecins libéraux. Il faut souligner que les pharmaciens étaient les premiers qui nous ont fait une offre de service de vouloir participer à cet effort national. Après quoi, on a saisi les médecins libéraux. On a d  reçu ces praticiens privés au comité scientifique pour leur expliquer  les détails de  cette opération. C’est tout un cadre qui a été établi et étudié et qu’il n’y avait pas y avoir de crainte. D’ailleurs, j’ai eu aujourd’hui la confirmation du président des médecins libéraux  qui veulent adhérer à cette initiative.

 

Est-ce qu’on a déjà une idée sur le nombre de pharmaciens ou de médecins privés inscrits ?

Pr Ouahiba HADJOUDJ : On n’a pas encore le nombre exact. Pour les pharmaciens,  il y a eu à ce jour  2000 pharmaciens inscrits, parce que c’est un acte volontaire, ils mettent leur savoir-faire, leurs locaux à la disposition de cette opération.  On leur a remis le guide de la vaccination contre la covid-19  qu’on a élaboré pour démarrer l’opération. Il est question d’un guide très complet qui explique, dans les moindres détails, les aspects techniques, opérationnels et  juridiques liés à la vaccination,  rien n’est négligé. En plus de ça, le pharmacien vaccinateur doit valider la formation qu’on a organisée, en visioconférence,  le dimanche 22 août où on avait associé nos partenaires, le SNAPO, le Conseil de l’ordre des pharmaciens ainsi que la Fédération algérienne de pharmacie.  Il y a eu à cette occasion la participation très précieuse des médecins de la protection civile qui vont justement accompagner ces pharmaciens privés. Nous avons établi  à cet effet des conventions avec la protection civile à travers les 58 wilayas pour intervenir éventuellement, en coordonnant avec les DSP de wilaya. Il fallait rappeler comment donner une alerte en cas de survenue d’effets secondaires indésirables, en attendant l’arrivée des  secours. L’apport des pharmaciens est très important, d’autant que la pharmacie constitue par excellence un endroit de proximité  notamment pour les personnes à mobilité réduite ou les personnes âgées et  les malades.

  1. Santenews-dz.com