samedi 2 mars 2024
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Étude/ Des scientifiques découvrent comment le cancer du sein se met en hibernation    

Des scientifiques ont annoncé mardi avoir  identifié par quel mécanisme des cellules responsables du cancer du sein  partaient hiberner dans d’autres organes, pour réapparaître plus tard avec une  force qui les rend d’autant plus dangereuses.

L’étude comporte un volet prometteur. Des expériences sur des cellules  humaines et des souris ont prouvé que la désactivation de ce mécanisme, par  médicaments ou manipulation génétique, paralysait ces cellules et entravait  leur capacité à se multiplier.

Présentée dans la revue Nature Communications, la découverte ouvre des  perspectives dans les thérapies contre ce cancer, le plus fréquent et le plus  meurtrier chez les femmes.

Quelque 90% des cancers du sein donnent lieu à des métastases, avec la  migration des cellules cancéreuses vers d’autres régions du corps.

Elles peuvent rester alors endormies, parfois des décennies, là où elles  ont trouvé refuge.

« Nos résultats montrent que les cellules du cancer du sein peuvent  survivre, non détectées, chez des patientes pendant de longues périodes en  utilisant un processus cellulaire appelé autophagie », a expliqué l’un  des auteurs, Kent Hunter, chercheur à l’Institut national du cancer américain,  en banlieue de Washington.

L’autophagie consiste pour une cellule à s’autodétruire partiellement, pour  survivre dans un environnement stressant et pauvre en nutriments.

« Beaucoup des traitements anticancéreux traditionnels sont conçus pour  viser les cellules qui se divisent. Les cellules dormantes, cependant, ne se  divisent pas activement ou fréquemment », a ajouté M. Hunter.

Le fait qu’elles se cachent ailleurs dans le corps leur permet d’échapper à  des traitements localisés, comme ceux par radiothérapie.

Pour leur expérience, les chercheurs ont injecté des cellules dormantes à  des souris. La moitié des rongeurs recevait un médicament inhibant  l’autophagie, l’autre moitié un placebo.  Dans une autre expérience, ils ont altéré le gène qui contrôle l’autophagie.

L’une comme l’autre approche a « considérablement » réduit la survie des  cellules cancéreuses et leur multiplication, conclut l’étude. Les cellules ne  pouvant recourir à l’autophagie accumulent en effet les toxiques, et  endommagent leur mitochondrie, source de leur énergie.

Avant d’arriver à un traitement, il faudra faire des essais cliniques sur  l’Homme, à l’issue incertaine, a souligné M. Hunter