jeudi 23 mai 2024
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Industrie pharmaceutique: Couvrir 70% des besoins nationaux en médicaments

 

Abdelouahed Kerrar  « Un contrat de développement sera soumis à Ouyahia »

Un contrat de développement de l’industrie  pharmaceutique sera soumis au Premier ministre Ahmed Ouyahia, la semaine  prochaine, a indiqué à l’APS le président de l’Union nationale des  opérateurs de pharmacie (UNOP) Abdelouahed Kerrar.

Lors d’une conférence de presse organisée par le forum de la santé, M.  Kerrar a fait savoir que les opérateurs de pharmacie s’engagent à travers  un contrat de développement à assurer la couverture de 70% des besoins en  médicaments et développer les flux d’exportation, en réaffirmant que cet  objectif est largement à la portée des opérateurs algériens.

Pour rappel, dans son Plan d’action adopté récemment par le Parlement, le  gouvernement a affiché sa volonté d’arriver à couvrir 70% des besoins  nationaux en médicaments d’ici 2019.

Cependant, la réalisation de cet objectif (augmentation de la production  locale et le développement de l’exportation) reste tributaire des solutions  qu’apportera le gouvernement à certains problèmes que vit la filière de la  pharmacie, a relevé M.Kerrar.

Dans ce cadre, l’Unop plaide pour la mise en activité de l’Agence  nationale du médicament installée depuis 2016, et « clarifier » notamment ses  prérogatives par rapport à celle de la direction de la pharmacie au niveau  du ministère de la Santé.

Les producteurs pharmaceutiques appellent également à une révision de la  politique des prix des médicaments.

Sur ce point, M. Kerrar a affirmé qu’il n’est plus envisageable de  prévoir un développement d’une industrie pharmaceutique de qualité sans que  les prix soient rémunérateurs aux producteurs .

La baisse de la valeur du dinar et l’absence de réajustement des marges  fragilisent les producteurs,a- t-il ajouté.

« Nous avons formulé depuis deux ans des demandes au Comité économique du  ministère de la Santé, pour une réévaluation des prix d’une centaine de  produits, mais on n’a toujours pas reçu de réponse » rappelle M.Kerrar, qui  relève que cette situation a contraint certains producteurs à abandonner la  fabrication de certains médicaments.

Il appelé également à une « mise à niveau » du cadre règlementaire,  déplorant le fait que ce qui est appelé BPF (bonnes pratiques de  fabrication) des médicaments date depuis1997.

Il a déploré aussi « l’absence » d’une réglementation concernant la  fabrication et la commercialisation des compléments alimentaires ainsi que  les produits fabriqués à base de plantes.

  92 milliards DA économisés aux caisses

Par ailleurs, le président de l’Unop a salué les efforts des producteurs  nationaux qui, estime t-il, ont réussi à donner corps aux politiques  tournées vers la production locale à travers la baisse des prix du  médicament, permettant aux caisses d’assurance sociale de mettre en place  un tarif de référence qui a stimulé la politique gouvernementale  d’élargissement de l’accès aux soins.

Dans ce cadre, il a fait savoir que la production locale des  médicaments a permet d’économiser 92 milliards de dinars au profit des  caisses de la sécurité sociale sur une période de dix ans.

En outre, l’Unop plaide pour un développement des services afin d’assurer  un meilleur  accompagnement de la production locale.

S’agissant de l’exportation, son président a appelé le gouvernement  à préparer le terrain aux investisseurs, rappelant qu’actuellement il  existe 80 unités de fabrication de  médicaments,151 agréments provisoires  et 203 concernant les produits pharmaceutiques délivrés par le ministère de  la Santé.

Il a appelé aussi à une révision de la loi sur la monnaie et le  crédit  de telle sorte à ce que les entreprises algériennes peuvent acquérir des sociétés à l’étranger.

La part de la production locale est passée de 25% à 47% entre 2008 et  2016, a rappelé ce responsable.En valeurs, cette production a progressé de 473 millions dollars à  1,8  milliards de dollars durant la même période.La consommation nationale de médicaments aura enregistré un taux de  croissance annuel moyen de 9,3% au cours des dix dernières années, a  rappelé le même responsable.

Cette progression a été réalisée garce, non seulement au savoir faire des  producteurs nationaux mais aussi à la volonté politique des pouvoirs  publics de développer l’industrie pharmaceutique et l’interdiction de  l’importation des médicaments fabriqués localement depuis 2008, a t-il  affirmé.

Agence