mercredi 18 mars 2026
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Pr Abdelhakim Boudis: Pharmacien, professeur et enseignent en chimie analytique.

Médicament en Algérie : une réforme majeure pour plus de transparence et de contrôle

Le secteur pharmaceutique en Algérie connaît une transformation majeure à travers une série de réformes visant à renforcer la transparence, améliorer la traçabilité des médicaments et garantir la sécurité des patients. Ces nouvelles mesures, détaillées par le professeur Boudis Abdelhakim, s’inscrivent dans une stratégie globale de modernisation du système de régulation du médicament.

L’objectif principal de ces changements est de mettre en place un cadre plus strict et plus lisible pour l’ensemble des acteurs de la chaîne pharmaceutique, allant de la production à la distribution. Cette réforme intervient dans un contexte où la maîtrise du circuit du médicament est devenue une priorité de santé publique.

Durée de validité des autorisations : une clarification attendue

Parmi les principales nouveautés introduites, la durée de validité des autorisations a été officiellement fixée à deux ans. Auparavant, cette durée n’était pas clairement définie, ce qui pouvait engendrer des incertitudes pour les opérateurs du secteur.

Cette clarification permet désormais aux investisseurs et aux professionnels de bénéficier d’une meilleure visibilité réglementaire. Elle contribue également à instaurer un suivi plus rigoureux des activités autorisées, en imposant un renouvellement périodique basé sur des critères précis.

Distribution des psychotropes : des conditions plus strictes pour sécuriser le marché

La réforme introduit également de nouvelles exigences pour les établissements de distribution, notamment en ce qui concerne les substances psychotropes. Désormais, toute structure souhaitant opérer dans ce domaine devra justifier d’une expérience minimale de deux ans dans la distribution de ce type de produits sensibles.

Cette mesure vise à assainir le marché algérien en limitant l’accès à ces activités aux opérateurs qualifiés. Elle répond à une nécessité de lutte contre les dérives et les tentatives de commercialisation illicite des substances psychotropes, qui représentent un enjeu majeur en matière de santé publique et de sécurité.

Renforcement de la transparence et de la traçabilité du médicament

La Fédération algérienne de pharmacie a souligné que ces réformes ont pour ambition de renforcer la transparence dans le processus de fabrication et de distribution du médicament.

L’un des axes majeurs repose sur l’amélioration de la traçabilité, permettant de suivre le médicament tout au long de son cycle de vie, depuis sa production jusqu’à sa mise à disposition sur le marché. Cette approche garantit non seulement la qualité des produits, mais aussi leur conformité aux normes en vigueur.

Pour les patients, cela se traduit par un accès à des médicaments plus sûrs, fiables et contrôlés.

Digitalisation des procédures : vers une administration plus efficace

Dans une logique de modernisation, les autorités ont également mis en place la digitalisation de l’ensemble des procédures liées à la demande et à l’obtention des autorisations.

Cette transformation numérique permet de simplifier les démarches administratives pour les investisseurs et les opérateurs du secteur. Elle favorise également une meilleure coordination entre les différentes institutions, notamment le ministère de la Santé et l’Agence nationale des produits pharmaceutiques.

Grâce à cette digitalisation, les délais de traitement devraient être réduits, tout en améliorant la transparence et la traçabilité des dossiers.

Délais de traitement des dossiers : plus de lisibilité pour les opérateurs

Un autre point clé de la réforme concerne la clarification et l’optimisation des délais légaux d’étude des dossiers et de délivrance des autorisations.

Cette mesure répond à une attente forte des professionnels du secteur, souvent confrontés à des délais imprévisibles. En fixant un cadre temporel précis, les autorités souhaitent offrir un environnement plus stable et plus attractif pour les investissements dans le domaine pharmaceutique.

Réorganisation du système des experts : vers une harmonisation nationale

La réforme prévoit également une réorganisation du système des experts en sécurité dans le domaine pharmaceutique. Ce dispositif est désormais placé sous la tutelle de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques.

Cette centralisation vise à unifier le cadre juridique et à harmoniser les pratiques à l’échelle nationale. Elle permet également de renforcer le contrôle et l’évaluation des activités liées au médicament, en s’appuyant sur une expertise structurée et coordonnée.

Santé News 

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