samedi 20 juillet 2024
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Journée De L'industrie Pharmaceutique JIPA.

Abdelouahed Kerrar;«nous sommes totalement mobilisés malgré les contraintes »

 

À l’ouverture des 1ères journées  de l’Industrie pharmaceutique algériennes de l’Unop (JIPA 2017).   L’Union nationale des opérateurs de la  pharmacie (UNOP) a exprimé à Alger son adhésion au Plan d’action  du Gouvernement pour ce qui est de l’objectif d’augmenter la production  locale de médicaments, en estimant que la réalisation d’un tel résultat est  tout de même tributaire d’une large réforme du mode de gouvernance du  secteur.

« Dans la conjoncture financière extrêmement tendue que traverse notre  économie, le plan d’action de l’actuel gouvernement a retenu explicitement  L’objectif des 70% de couverture par la production locale des besoins du  marché national médicament en 2019 . Notre association a donc toutes  les raisons de se réjouir de cet engagement officiel et nous nous  considérons comme totalement mobilisés à cet effet », a souligné le  président de l’Union, Abdelouahed Kerrar .  « Mais nous tenons à dire que si l’objectif de passer de 50% à 70% de  couverture des besoins en médicaments est, à nos yeux, parfaitement  réalisable, il demeure que celui-ci est tributaire de réponses préalables à  apporter aux nombreux problèmes d’organisation de notre filière et de  transformation du système de gouvernance à travers lequel elle est  régulée », a-t-il poursuivi.

Les capacités sont  largement supérieures aux demandes .

Pour le président de l’UNOP, qui s’exprimait devant les différents acteurs  intervenant dans le marché des médicaments, ce n’est plus l’investissement  dans les capacités de production qui pose problème aujourd’hui, ces  capacités étant même « très largement supérieures aux demandes du marché  interne », selon lui.

En revanche, la vraie entrave face au développement de l’industrie  pharmaceutiques est en lien avec les prix des médicaments qui devraient  être augmentés au profit des producteurs, suggère-t-il.

« Le développement de cette industrie ne peut s’envisager sans des prix  vraiment rémunérateurs pour les investisseurs et les producteurs  concernés », a-t-il vivement recommandé.

« On a vu comment, dans certains pays en développement, la contrainte du  prix a conduit à réduire l’investissement des entreprises dans la qualité  des produits, ce qui, en bout de course, rabaisse les standards  pharmaceutiques et finit inévitablement par discréditer les fabricants et  engendrer un recul de la production », a-t-il argué.

Le prix des médicaments ne peut pas être ajusté.

Dans la mesure où le prix des médicaments est déterminé réglementairement  et qu’il ne peut pas être ajusté, comme cela se passe dans la grande  majorité des activités, regrette-t-il, ce sont les marges de bénéfices des  producteurs « qui sont laminées progressivement et la viabilité de notre  production qui est en conséquence menacée », a-t-il averti.

Rappelant que la demande de l’UNOP de réévaluer les prix des médicaments  datait de deux ans, il a regretté le fait que les autorités concernées  « n’ont toujours pas répondu favorablement à nos doléances ce qui a conduit  à l’abandon de certains produits ».

Ensuite, il faudrait, soutient-il encore en évoquant les réformes  escomptées, mettre à niveau l’organisation du cadre réglementaire en  commençant par la modernisation du système d’enregistrement qui « devrait  surmonter rapidement les obstacles de moyens  dans lesquels il a été  enfermé jusque-là, pour se transformer en un instrument d’appui au  développement de la production nationale ».

Il a, dans le même contexte, plaidé pour une meilleure coordination entre  les services publics de Santé et ceux de la Sécurité sociale, pour  l’adaptation du système de formation des personnels techniques spécialisés,  pour l’appui à la recherche-développement.

Synthèse SN/ Agence