samedi 2 mars 2024
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FAO: Les antimicrobiens doivent être utilisés de manière responsable 

Les antimicrobiens sont importants afin de  protéger la santé des humains et des animaux, mais ces médicaments doivent  être utilisés de manière responsable, y compris dans les secteurs  agricoles, a indiqué l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation  et  l’agriculture (FAO) sur son site web.

Le directeur général de la FAO, M. José Graziano da Silva, a affirmé lors  d’une réunion de coordination de haut niveau des Nations Unies portant sur  la résistance aux antimicrobiens (RAM) que la FAO plaide pour que les  antibiotiques et les autres antimicrobiens soient uniquement utilisés pour  soigner des maladies et soulager les souffrances inutiles.

 » Dans certains cas particuliers, ils pourraient être utilisés pour  prévenir une menace imminente d’infection », a -t-il déclaré.

Notant que les antimicrobiens sont toujours utilisés comme promoteurs de  croissance, en particulier dans les secteurs de l’élevage de bétail et de  l’aquaculture, M.Graziano da Silva a indiqué que de telles pratiques  « devraient être immédiatement interrompues » .  Il a également déclaré que l’utilisation d’antimicrobiens comme biocides  sur les cultures devait cesser, une situation qui entraîne par ailleurs une  plus grande résistance des champignons aux traitements. M. José Graziano da Silva s’exprimait à l’occasion d’une réunion du Groupe  de coordination inter-institutions sur la résistance aux antimicrobiens, un  groupe qui comprend la FAO, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et  l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), qui se tenait à  Divonne-les-Bains, en France.

L’utilisation accrue et l’abus de médicaments antimicrobiens, dans le  cadre des soins de santé humains et animaux, a contribué à une hausse du  nombre de microbes responsables de maladies, devenus résistants aux  médicaments antimicrobiens utilisés pour les traiter, comme les  antibiotiques.

Selon certaines études, toutes ces raisons font de la RAM une menace  croissante qui pourrait entraîner près de 10 millions de décès chaque année  et plus de 100 trillions de pertes au niveau de l’économie mondiale d’ici à 2050

En plus des risques pour la santé publique, la RAM menace la salubrité  alimentaire et le bien-être économique de milliers de ménages agricoles à  travers le monde. José Graziano da Silva a souligné le fait que, jusqu’à présent, seuls 89 pays avaient indiqué posséder un système capable de collecter des  données sur l’utilisation d’antimicrobiens chez les animaux de ferme et que  le problème de la « RAM ne sera pas résolu en quelques années. Cela  nécessitera une attention et des conseils continus ».

« C’est uniquement en travaillant ensemble que la communauté internationale  pourra relever les défis posés par la résistance aux antimicrobiens sur le  développement durable », a-t-il indiqué, soulignant le rôle important joué  par les gouvernements, mais aussi par la société civile et le secteur  privé.

   –Renforcer les systèmes de surveillance et de suivi–

Le plan d’action de la FAO contre la RAM vise à améliorer la  sensibilisation du public sur la RAM, ainsi que les menaces qui y sont  associées, à développer des capacités de surveillance et de suivi, à  renforcer la gouvernance et à promouvoir de bonnes pratiques, de même  qu’une utilisation prudente des antimicrobiens.

Dans le cadre des efforts visant à mettre en úuvre le plan d’action, la

FAO soutient les pays et les communautés rurales. « Cela est  particulièrement important là où la législation et les systèmes de suivi et  de surveillance réglementaires sont faibles ou inadéquats » a précisé M.Graziano da Silva

Par ailleurs,la FAO, l’OMS et l’OIE ont décidé de renforcer leur  partenariat par le biais d’un protocole d’accord, qui impliquera notamment  une collaboration majeure en vue de lutter contre la RAM.

  1. José Graziano da Silva a cité plusieurs exemples où les trois organisations ont travaillé ensemble et ont obtenu des résultats satisfaisants.

Il a notamment été question de l’aide fournie au gouvernement ghanéen qui, le mois dernier, a lancé une politique contre la résistance aux  antimicrobiens et un plan d’action national.

La FAO, l’OMS et l’OIE aident également le gouvernement cambodgien à  intégrer la question d’une utilisation responsable des antimicrobiens dans  leur système judiciaire et à l’appliquer, tandis qu’au Vietnam, la FAO aide  à collecter des échantillons dans les systèmes aquacoles afin de renforcer  la surveillance.

FAO