mardi 27 octobre 2026
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Quels traitements sont prioritaires selon l’OMS .

Médicaments essentiels : que contient la liste de l’OMS ?

Cancer, diabète, obésité : La Liste modèle des médicaments essentiels de l’OMS poursuit son évolution pour répondre aux besoins prioritaires de santé publique. Dans sa 24ᵉ édition, publiée en septembre 2025, elle comprend 523 médicaments destinés aux adultes et 374 dans sa version pédiatrique.

Cette actualisation reflète les progrès de la médecine et la place croissante des maladies chroniques dans les priorités sanitaires mondiales. Elle met également en lumière une question centrale pour les politiques pharmaceutiques : comment concilier innovation thérapeutique, maîtrise des dépenses de santé et accès équitable aux traitements ?

Médicaments essentiels : un outil de référence

Publiée pour la première fois en 1977, la liste de l’OMS guide les politiques pharmaceutiques nationales. Plus de 150 pays s’appuient sur ce modèle pour orienter leurs choix de médicaments, leurs approvisionnements et leurs politiques de remboursement.

La sélection repose sur l’importance sanitaire des traitements, leur efficacité, leur sécurité et leur coût. Toutefois, leur inscription sur la liste ne garantit pas leur disponibilité ni leur remboursement dans chaque pays, qui dépendent des politiques nationales et des ressources mobilisées.

Point de vigilance : la présence d’une classe thérapeutique ou d’un médicament dans la liste ne signifie pas nécessairement qu’il a été ajouté lors de l’édition 2025. Les modifications précises doivent être vérifiées dans la publication officielle de l’OMS.

Le coût des médicaments, un obstacle persistant

Malgré les progrès réalisés dans la sélection et la recommandation des médicaments essentiels, leur disponibilité et leur accessibilité financière restent problématiques dans de nombreux pays.

La difficulté est particulièrement importante pour certaines thérapies innovantes, notamment dans le traitement du cancer et des maladies chroniques. Leur coût peut mettre à l’épreuve les mécanismes de financement des soins, y compris dans les pays disposant de systèmes de santé développés.

L’OMS ne considère pas nécessairement le prix élevé d’un médicament comme un motif suffisant pour l’exclure de sa liste. La décision repose sur une évaluation plus large de son intérêt médical et de son importance pour la santé publique.

L’inscription peut ensuite contribuer à orienter les politiques pharmaceutiques et les mesures visant à améliorer l’accès aux traitements. Elle ne constitue cependant pas, à elle seule, une garantie de baisse des prix.

Pour les autorités sanitaires, le défi est de concilier plusieurs impératifs : répondre aux besoins médicaux prioritaires, préserver la qualité des soins et assurer la soutenabilité des dépenses de santé.

Une sélection fondée sur les preuves scientifiques

La Liste modèle des médicaments essentiels est révisée tous les deux ans selon une procédure structurée, transparente et fondée sur les données scientifiques disponibles.

Les demandes d’ajout, de retrait ou de modification peuvent être présentées par différents acteurs : chercheurs, établissements universitaires, organisations non gouvernementales, associations de patients, entreprises pharmaceutiques ou départements techniques de l’OMS.

Les propositions sont examinées par le Comité d’experts de la sélection et de l’utilisation des médicaments essentiels, chargé d’évaluer les données disponibles et de formuler des recommandations.

Les demandes et les évaluations font l’objet de publications et de consultations afin de permettre les commentaires des parties concernées et de renforcer la transparence du processus.

Cette démarche vise à garantir que les choix reposent sur des éléments scientifiques et tiennent compte de l’évolution des besoins médicaux.

De 200 médicaments en 1977 à plus de 500 aujourd’hui

Lors de sa première publication, en 1977, la Liste modèle de l’OMS comprenait environ 200 médicaments. Depuis, son contenu s’est élargi pour intégrer de nouvelles catégories thérapeutiques et tenir compte des progrès de la médecine.

En 2007, l’OMS a publié sa première liste spécifiquement consacrée aux médicaments essentiels destinés aux enfants. Cette initiative répondait à la nécessité de mieux prendre en compte les besoins pédiatriques et de favoriser le développement de formulations adaptées.

La liste a progressivement intégré des traitements spécialisés, notamment certaines thérapies ciblées contre le cancer, des médicaments contre la sclérose en plaques et des traitements destinés aux nouveau-nés.

En 2017, l’introduction de la classification AWaRe des antibiotiques a constitué une autre étape importante dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Elle distingue trois catégories — accès, à surveiller et dernier recours — afin de favoriser un usage approprié des antibiotiques.

Cette évolution illustre la volonté de l’OMS d’adapter ses recommandations aux transformations des besoins sanitaires et aux nouveaux défis thérapeutiques.

Au-delà de la liste, le défi de l’accès réel aux médicaments

L’actualisation de la Liste modèle des médicaments essentiels constitue un repère important pour les politiques de santé. Mais son efficacité dépend des mesures prises pour traduire les recommandations en accès concret aux traitements.

La disponibilité, la qualité, le prix et les modalités de financement restent déterminants. Ces enjeux sont d’autant plus importants que les innovations thérapeutiques se multiplient et que les systèmes de santé doivent arbitrer entre des besoins croissants et des ressources limitées.

Pour l’Algérie comme pour les autres pays, la question centrale demeure celle de la capacité à faire bénéficier les patients des progrès de la médecine tout en garantissant la pérennité du financement des soins.

En définitive, la valeur d’une liste de médicaments essentiels ne se mesure pas uniquement au nombre de traitements qu’elle recense, mais aussi à sa capacité à contribuer à un accès équitable, durable et effectif aux soins.

 

Dr Lamia Rahal 

 

 

Dernières évolutions

Dans sa 24e édition (publiée en septembre 2025), la liste adulte compte 523 médicaments et la version pédiatrique 374 médicaments. Elle intègre notamment des thérapies avancées contre le cancer (inhibiteurs PD-1/PD-L1 comme le pembrolizumab) ainsi que des traitements pour le diabète de type 2 et l’obésité (agonistes du GLP-1 et tirzépatide)

Références bibliographiques

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